Nous aurions fini par reconnaître avec Paul Crutzen et Bruno Latour que le XXè siècle a bien marqué l’entrée de la Terre dans l’anthropocène, cette nouvelle époque géologique où l’homme devint responsable de ce qui est maintenant appelé la « sixième extinction globale de la Terre ».

Au sein de cette altération géologique de la Terre, l’humain est lui aussi à un tournant radical de son histoire :  hybridation homme/machine, ingénierie génétique, post-humanisme… nous sommes en suspens dans un monde en mutations précipitées.

Holons de l’anthropocène : une série de sculptures où sont fixées/ fossilisées les traces de cet humain d’avant la rupture.

Sculptures pour répéter une ultime fois le geste de Dibutade, cette fille de potier corinthien qui aurait tracé sur une muraille l’ombre de son amant pour n’en jamais oublier le profil, geste rapporté par Pline l’Ancien comme l’origine du dessin.

Présentation au festival THSF à Toulouse – mai 2016

Ici, ce n’est plus seulement le corps qui est fixé mais le geste dans sa durée. Le temps est devenu matériau: fragmenté, malaxé, ratatiné, amalgamé jusqu’aux frontières du chaos, d’où pourra émerger une forme nouvelle.

Installation mixte : sculpture métal et projection vidéo. La sculpture en premier plan marque l’empreinte fossilisée d’un geste d’humanité ; l’animation projetée en arrière plan figure l’ombre animée de la sculpture, la mémoire encore vivante de cet instant fossilisé.